Histoire de l'école publique de Thurins


 

Les 100 ans de l'école publique de la rue du 8 mai
(reconstituée à partir des archives communales)

 

Au début du XXème siècle, Thurins possède une école communale de garçons abritée dans la « mairie - école » (actuel bâtiment occupé par la Poste et la Maison des services), bâtiment appartenant à la Commune, et une école communale de filles qui, faute de moyens financiers suffisants pour en construire une, est installée dans des locaux loués par la Commune aux religieuses de la congrégation St Charles (à l'angle de l'actuelle rue du 8 mai et de l'impasse François Couzon).

Les membres de congrégations religieuses ayant jusque-là le droit d'enseigner dans les écoles communales dès lors qu'ils en ont les capacités, les sœurs St Charles sont institutrices de l'école communale de filles. Cet accord est une des clauses suspensives du bail signé avec la Commune.

En 1905, la loi de séparation de l'Église et de l'Etat vient bousculer l'équilibre thurinois.

En 1886, une maison, dans la rue principale du village, et le terrain attenant avaient été légués à la Commune par le sieur Perret pour y établir une « salle d'asile » (nom donné à l'époque aux classes « enfantines »).
En 1903, ce legs a pu prendre effet lorsque sa femme est décédée.

 

En 1906, ayant plusieurs fois été mis en demeure par le préfet du Rhône de construire une école municipale pour les filles, les élus thurinois envisagent cette construction (délibération du Conseil Municipal du 11 juin 1906), sous la direction de Raymond Feuga, architecte lyonnais.

Mais, à cause d'emprunts contractés dans la seconde partie du XIXème siècle pour construire l'église, le presbytère et acquérir les terrains nécessaires au passage de la route de grande circulation (actuelle route de Lyon à St Martin en Haut), la municipalité n'a pas les moyens financiers de construire cette école et les filles restent dans les locaux des soeurs St Charles.
Elles y sont toujours en 1905, au moment où la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat est promulguée.

Cette nouvelle loi interdit désormais aux membres des congrégations religieuses d'enseigner dans les écoles publiques.
En 1907, l'école tenue par les soeurs St Charles est réquisitionnée et laïcisée.
En 1908, l'école est fermée et doit quitter les bâtiments appartenant à la congrégation des soeurs St Charles. Celles-ci récupèrent le bâtiment, refusant de le relouer à la Commune puisque les conditions du bail, qui stipulait que les religieuses louaient leurs locaux tant qu'elles pouvaient y enseigner, ne sont plus respectées. 
L'école communale de filles  est provisoirement installée chez Mr CHILLET. (route du barrage).
A la rentrée d'octobre, l'école laïque de filles ( environ 30 filles) rejoint l'école de garçons dans le bâtiment « mairie-école », malgré la vétusté des locaux. Elle comporte 2 classes.

 École garçons et filles place de Verdun

Le préfet demande qu'une des classes soit transformée en classe enfantine. Refus du Conseil Municipal  à cause des frais que cela entraînerait. (délibération du 21/02/1909)

 

En 1913, les finances de la Commune s'améliorant, les travaux de construction de l'école publique de filles commencent.

Dans la grand' rue, la maison de M. Perret, en mauvais état, est rasée pour faire place à la construction de l'école et du logement de fonction. La surface de la parcelle étant insuffisante, des terrains attenants sont achetés à  Messieurs Claude et Simon Delorme.

Le bâtiment, construit en pierre grise du pays, est composé de 2 ailes de 2 travées chacune et hautes d'un étage, séparées par un corps central en légère saillie, d'une seule travée. Entre le rez de chaussée et l'étage, 3 bandeaux en pierre, sur chacun des corps de bâtiment portent l'inscription « R.F. ECOLE / COMMUNALE / DE FILLES R.F. ».

Façade école communale de filles

 

On ne trouve pas trace de l'inauguration de cette école dans les délibérations du Conseil Municipal. Sans doute a-t-elle été utilisée dès la rentrée 1914 mais la France était en guerre depuis le mois d'août, on ne pensait plus aux festivités ! 
Un préau et une remise y sont ajoutés en 1915.

Les bâtiments de l'école

 

Le procès verbal de réception définitive des travaux est dressé par Mr Feuga le 16 mai 1915 (validé par le Conseil Municipal le 27-06-1915).
Coût total de la construction de l'école : 49 323 francs, dont 18 225 francs de subvention du Ministre de l'Instruction publique pour aider à la construction de l'école de filles.

En 1921, des parcelles sont louées (autour de l'école de filles), par la Commune, à des particuliers pour en faire des jardins.
Condition mise par le préfet à l'autorisation de louer ces parcelles : il faut établir des  « baux résiliables le jour où la municipalité le jugera nécessaire pour permettre l'aménagement d'une cour de récréationà l'usage de l'école de garçons et sans que la Commune soit tenue d'indemniser les tiers qui auraient souscrit les dits baux. »

En 1922, installation de l'électricité à l'école

En 1924, lettre du préfet (1er décembre 1923) autorisant le transfert de l'école de garçons dans la partie libre de l'école de filles à condition de se soumettre à l'obligation de construire une 2ème cour avec clôture, préau et WC

En 1927, l'école communale de filles devient «groupe scolaire », avec l'arrivée des garçons dont l'école a été déclarée insalubre.

Regroupement des écoles publiques, de garçons et de filles, rue du 8 mai , après réalisation des travaux demandés par le préfet en 1924 (architectes Heinzelmann et Tessier, coût 17803f)

 Photo prise en 1928 dans la cour de la nouvelle école de filles : un couple d'enseignants (Mr et Mme BUFFART), 19 élèves 

 

Après la guerre, de 1947 à 1952 ou 1953, l'école accueille des enfants de Lyon placés à la Folletière ou dans des homes d'enfants dans les hameaux (au Marnas,  au Plat de Mont …) « pour problème de santé ».

En 1950-51, il y avait 17 enfants à la Folletière, bénéficiant d'horaires aménagés (9h-12h et 14h30-17h30) pour qu'ils puissent se reposer.
Les effectifs sont fluctuants.

Dans les années 1970, l'école étant devenue trop petite, deux préfabriqués sont édifiés dans la « cour du bas ». Appelés « Bâtiments scolaires », ils étaient mis à la disposition des communes par le Conseil Général pour 3 ans. Après, si les communes n'avaient toujours pas construit de nouvelles classes, elles pouvaient les acheter et les garder.
A Thurins, les préfabriqués sont restés en service jusqu'en 1988 !

 

En 1987, devant la poussée démographique et la vétusté des préfabriqués, le Conseil Municipal décide d'agrandir l'école. Les préfabriqués ont été remplacés par des locaux plus conformes et plus spacieux suivant les plans de l'architecte Henri Simonard : 3 classes, une bibliothèque, une salle d'informatique, un atelier-cuisine et une salle de repos pour les petits sont créés.

 

En 1994, le préau est surélevé pour construire la salle d'évolution, ce qui permet d'installer une salle de classe dans la salle d'évolution de l'ancien bâtiment.

L'école agrandie, telle qu'elle est aujourd'hui encore 

 

En 1999, l'école maternelle devient autonome et se sépare de l'école élémentaire.

Elle  atteint maintenant 3 classes et quitte la rue du 8 mai pour s'installer dans l'école conçue par M. Benoît, architecte, dans  le vallon près de la mairie.
Depuis, l'école élémentaire n'a pas subi de gros changements. Elle compte 6 classes depuis plusieurs années.

En 2013, l'école trouve son nom : école « les veloutiers »

A l'occasion du centenaire de sa construction, l'équipe enseignante et les parents d'élèves ont souhaité donner un nom à l'école, en lien avec l'histoire locale.
Elle s'appelle désormais : école élémentaire « les veloutiers », en hommage aux veloutiers qui furent nombreux à Thurins, de la fin du XIXème siècle au début du XXème (voir le n° spécial de l'Araire sur ce sujet, disponible à la médiathèque municipale).

M. Lopez, inspecteur de l'Education Nationale, a souligné l'actualité de ce nom, invitant les familles à applaudir les enseignants « qui tissent les savoirs fondamentaux avec les enfants pour commencer à construire le tissu social ».